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Les mains qui grattent…!

Bonjour à tous,

Dans cet article je vais vous présenter un travail de remise en forme sur un Junipérus rigida communément appelé « tosho » au japon.

Le Tosho n’est pas spécialement apprécié des amateurs ici en Europe car méconnu je pense et victime de nombreux aprioris, au japon il est aussi victime de son entretien long et fastidieux et bien souvent les sujets âgés et issus de yamadori se trouvent greffés en itoigawa mais malgré tout certains amateurs et professionnels japonais conservent de superbes pièces dans leurs jardin.

Le rigida est pourtant une espèce très intéressante, son bois mort est généralement l’un des plus dur et arbore une couleur gris/argenté propre à l’espèce, son écorce se desquame en lamelles un peu comme les cryptoméria et d’une couleur brun foncé bien différente des tons rouges des itoigawa ou autre genévrier.

le feuillage vert soutenu et à la face blanc/argent contraste fortement avec ses veines brunes et ses nombreux bois mort, généralement les spécimens les plus spectaculaires sont plutôt des arbres massifs et masculins.

 

LE TOSHO COMMENT CA MARCHE?

Sa pousse est quasiment continue de mars à juillet, pendant cette période nous pourrons pratiquer de nombreuses tailles en vert ce qui aura pour effet de faire ramifier fortement l’arbre.

Nous profiterons du mois de juillet/août pour pratiquer le nettoyage des vieilles aiguilles et la ligature ( possible aussi en automne), veiller à ne pas serrer la ligature sur les aiguilles.

Une fois l’été passé vous pourrez également pratiquer une taille en vert en mi/septembre, l’arbre fera de nouveaux bourgeons pour le printemps suivant.

Le rigida est un arbre gourmand en eau…et même très gourmand en eau! vous ne pouvez quasiment pas avoir de problème de racines même en maintenant un substrat humide, je vous conseille malgré tout d’avoir un substrat aéré composé à 80% d’akadama et 20% de kiryu-zuna ou d’arène granitique, bien veiller à mettre une granulométrie plus importante sous le nébari.

Lors des rempotages je vous conseille d’être délicat car le rigida est « sensible » des racines, veillez à démêler délicatement les racines et à ne pas taillez trop sévèrement.

L’engraissement devra aussi être copieux de mars à novembre en organique et en chimique à l’automne (engrais professionnel chimiogold)

Le rigida se plaira parfaitement au plein soleil de septembre à avril, dès l’apparition des fortes chaleurs placez le sous ombrières (50%) ou à la mi-ombre.

Veillez à conserver de la luminosité, une exposition trop ombragée pourrait être préjudiciable, cultivez le rigida avec un taux d’hygrométrie important vous apportera de bons résultats.

Pour cela vous pourrez le placer au dessus d’une réserve d’eau ou dans un environnement arboré.

 

LES MAINS QUI PIQUENT ET QUI GRATTENT!

En effet c’est la l’un des points « négatif » de l’espèce, certains sujets piquent plus que d’autres! en général lorsque les rigida sont en forme, les anciennes aiguilles piquent fortement mais nous pouvons réduire ce phénomène en travaillant délicatement avec l’extrémité des doigts et ne pas rentrer dans l’arbre à pleines mains….

le port de gants plastiques (semi épais) peut aussi améliorer le confort de travail, dans mon cas c’est à mains nues comme au pays du soleil levant…

 

PLACE AU TRAVAIL.

Voici l’arbre avant les travaux, il à été taillé 2 fois dans le printemps puis laissé libre le reste de la saison, il est maintenant temps de travailler sur une refonte/mise en forme totale, mais également sur le travail des bois morts et des veines vivantes.

A cet instant nous devons tous d’abord pratiquer la taille de la végétation afin de rééquilibrer les forces, on peut voir que la branche basse de droite manque encore de vigueur, nous veillerons à tailler uniquement en vert cette zone et laisser certaines longueurs sans être taillées.

ATTENTION: on ne doit jamais tailler une partie lignifiée si vous n’avez pas de bourgeons en amont de la coupe, sous peine de voir dépérir la pousse taillée, pour les tailles en vert sur les parties non lignifiées vous pouvez couper ou vous souhaitez et l’arbre émettra de nouveaux bourgeons, ne jamais pincer les pousses fraîches du printemps sous peine de voir la croissance se ralentir fortement et ou se stopper, entraînant la mort de la pousse ou d’une branche entière.

J’en profite également pour travailler certaines coupes et bois morts/sharis dont les veines ne sont pas réellement délimitées.

Vue du bois mort au niveau de l’apex avant le travail et de la base du shari ou la veine n’est pas correctement mise en évidence.

Vue de la coupe non traitée.

 

Après traitement de la zone de coupe.

 

Délimitation de la veine vivante vue de face.

 

Création de shari suite à la délimitation de la veine vivante de face.

 

Une fois l’ensemble des travaux de taille, nettoyage et façonnage des bois et shari réalisés, nous pouvons commencer la ligature par le bas de l’arbre et remonter petit à petit dans l’apex, dans ce cas de figure environ 85% de l’arbre sera ligaturé afin de repartir sur de bonnes bases.

L’utilisation de hauban est également employé afin de baisser certaines grosses branches et éviter une pose de gros fil assez disgracieux sur un arbre de cette qualité de finition.

Après plus de 8 heures de travail voici l’arbre fini, il lui faudra se densifier lors de la saison prochaine.

Travail complet réalisé  sur l’arbre.

 

Quelques Rigida ou Tosho d’exceptions